Statut juridique du chauffeur VTC : micro, EI, EURL ou SASU
Le statut ne change ni l’examen, ni la carte, ni le registre : il change ce que vous payez, ce que vous touchez et votre protection.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources
Un chauffeur VTC à son compte choisit entre quatre cadres. La micro-entreprise, une entreprise individuelle au régime simplifié, convient tant que le chiffre d’affaires reste sous 83 600 € par an : les cotisations sont un pourcentage des recettes, 21,2 % pour une activité de services artisanale en 2026 selon l’Urssaf, sans déduction des frais. L’entreprise individuelle au réel déduit ses frais réels et cotise sur son bénéfice, comme le gérant associé unique d’une EURL, travailleur indépendant. Dans une SASU, le président est assimilé salarié : il relève du régime général et paie, sur sa rémunération, les cotisations d’un cadre, sauf l’assurance chômage, à laquelle il n’a pas droit (service-public, fiche F36240). La société paie l’impôt sur les sociétés, 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice puis 25 %, et les dividendes supportent un prélèvement forfaitaire de 31,4 %. Le statut ne dispense d’aucune obligation VTC : carte, registre, véhicule conforme.
SASU : ce qui reste d’un bénéfice versé en dividendes
Dividende net après impôts
17 493 €
| Impôt sur les sociétés | 4 500 € |
| Prélèvement forfaitaire de 31,4 % | 8 007 € |
| Part du bénéfice qui vous revient | 58,3 % |
Sans salaire du président : aucune cotisation, donc ni retraite ni indemnités journalières. Le salaire n’est pas simulé ici.
Ce que le statut change, et ce qu’il ne change pas
Quel que soit le statut, le métier reste le même : examen de la chambre de métiers, carte professionnelle, inscription de l’entreprise au registre des VTC, véhicule conforme, assurance de transport de personnes. Le statut joue sur quatre choses : la façon de calculer les cotisations sociales, l’impôt, la protection sociale et la complexité administrative. Le tableau résume les quatre cadres possibles.
| Micro-entreprise | EI au réel | EURL | SASU | |
|---|---|---|---|---|
| Statut social du dirigeant | travailleur indépendant | travailleur indépendant | travailleur indépendant (gérant associé unique) | assimilé salarié (président) |
| Base des cotisations | chiffre d’affaires, 21,2 % | bénéfice, après abattement de 26 % | rémunération et dividendes au-delà de 10 % du capital | rémunération versée |
| Frais réels | non déduits | déduits | déduits | déduits |
| Impôt sur le bénéfice | impôt sur le revenu (forfait) | impôt sur le revenu | impôt sur le revenu ou sur les sociétés | impôt sur les sociétés, option possible |
| Assurance chômage | non | non | non | non |
Aucun des quatre ne donne droit au chômage classique, contrairement à une idée répandue sur la SASU : service-public le dit pour l’assimilé salarié comme pour le travailleur indépendant (fiche F38152).
La micro-entreprise : simple, mais au forfait
La micro-entreprise est une entreprise individuelle qui choisit le régime le plus simple. Selon l’Urssaf, une activité de services artisanale comme le transport de personnes cotise en 2026 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé, plus 0,3 % au titre de la formation professionnelle des artisans. Avec l’aide à la création, l’Acre, le taux est réduit la première année. Le versement libératoire de l’impôt, sur option, ajoute 1,7 % du chiffre d’affaires et solde l’impôt sur le revenu de l’activité.
Le revers est le forfait : les frais réels ne se déduisent pas. Pour l’impôt, le chiffre d’affaires est réduit d’un abattement forfaitaire de 50 %, quels que soient vos frais réels. Un VTC qui paie une location de véhicule, du carburant et une commission de plateforme peut avoir des frais supérieurs à ce forfait. La micro-entreprise reste ouverte tant que le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 83 600 € en 2026. La TVA suit un autre seuil, 37 500 €, détaillé dans la page TVA VTC et taxi.
L’entreprise individuelle au réel
La même entreprise individuelle peut sortir du forfait et passer au régime réel. Elle tient alors une vraie comptabilité, déduit ses frais réels et cotise sur son bénéfice. Depuis la réforme de 2026, l’assiette des cotisations des indépendants est le revenu professionnel diminué d’un abattement de 26 %. Service-public indique, comme ordre de grandeur, des cotisations d’environ 45 % du revenu pour un entrepreneur individuel (fiche F37396). Depuis le 15 mai 2022, le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel sont séparés automatiquement.
Le simulateur de revenu net du site calcule les deux régimes, micro et réel, avec les barèmes 2026 de l’Urssaf : c’est le bon outil pour savoir à partir de quel niveau de frais le réel devient plus intéressant.
L’EURL : une société, un statut d’indépendant
L’EURL est une société à associé unique. Il n’y a pas de capital minimum à sa création (fiche F37777). Le gérant associé unique est un travailleur indépendant : il cotise au régime des indépendants sur sa rémunération. Si l’EURL est à l’impôt sur les sociétés, les dividendes perçus qui dépassent 10 % du capital s’ajoutent à l’assiette des cotisations. Un capital de 1 000 € expose donc presque tous les dividendes aux cotisations. À l’impôt sur le revenu, une EURL se calcule comme une entreprise individuelle au réel, ce que fait le simulateur.
La SASU : assimilé salarié, impôt sur les sociétés
Le président de SASU est assimilé salarié et dépend du régime général de la sécurité sociale. Sur sa rémunération, il paie les mêmes cotisations qu’un salarié cadre, sauf l’assurance chômage, à laquelle il n’a pas droit (fiche F36240). S’il ne se verse aucune rémunération, il ne cotise pas, mais ne s’ouvre aucun droit.
La SASU paie l’impôt sur les sociétés sur son bénéfice. Selon la fiche F36215, le taux normal est de 25 %, et un taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour une entreprise dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 000 000 €, sous conditions. Le bénéfice distribué en dividendes est ensuite imposé au prélèvement forfaitaire de 31,4 % ou, sur option, au barème progressif après un abattement de 40 %. Une SASU de moins de 5 ans, de moins de 50 salariés et sous les 10 000 000 € de chiffre d’affaires peut opter pour l’impôt sur le revenu, pour 5 exercices au plus, sans renouvellement.
Le mini-simulateur en haut de page montre ce qui reste d’un bénéfice entièrement distribué en dividendes. Il ne simule pas la rémunération du président : les taux des cotisations de l’assimilé salarié ne sont pas encore intégrés au moteur du site, et nous préférons ne pas afficher un chiffre incomplet.
Comment trancher
- Vous démarrez, avec des frais modestes : la micro-entreprise permet de tester le métier sans comptable.
- Vos frais réels sont lourds (véhicule financé, commission, carburant) : comparez la micro et le réel avec le simulateur de revenu net ; pour l’impôt, le réel donne une base plus basse dès que les frais dépassent la moitié du chiffre d’affaires, mais les cotisations suivent un autre calcul.
- Vous voulez embaucher, vous associer ou laisser des bénéfices dans l’entreprise : une société devient pertinente, avec un expert-comptable.
- Vous visez une protection proche du salariat : la SASU avec rémunération, en acceptant des cotisations plus élevées et l’absence de chômage.
Les obligations comptables de chaque régime, et les frais que vous pourrez déduire, sont détaillés dans la page charges et comptabilité du chauffeur. Changer de statut en cours de route crée une nouvelle entreprise : il faudra l’inscrire au registre des VTC.