Formation d’ambulancier : de la sélection au diplôme d’État
Un seul texte encadre tout le cursus : l’arrêté du 11 avril 2022, que cette page suit article par article.
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La formation qui mène au diplôme d’État d’ambulancier (DEA) dure 801 heures selon l’arrêté du 11 avril 2022, modifié en novembre 2022 et en juillet 2024 : 556 heures d’enseignement théorique et pratique en institut, réparties en 10 modules, et 245 heures en milieu professionnel, soit 7 semaines de 35 heures. Le diplôme valide 5 blocs de compétences. Pour entrer, il faut un permis hors période probatoire, l’attestation préfectorale d’aptitude à la conduite d’ambulance obtenue après examen médical, un certificat médical de non-contre-indication, un certificat de vaccinations et, sauf dispense, un stage d’observation de 70 heures. La sélection se fait en deux temps : un dossier noté sur 20, admissible à partir de 10, puis un entretien de 20 minutes au plus. L’institut peut étaler le cursus sur 2 ans au maximum. Le prix n’est fixé par aucun texte : il dépend de l’institut et de votre financement.
Formation d’ambulancier : durée et coût horaire
Durée du DEA en continu
22,9 semaines
| Heures en institut + stages | 556 + 245 h |
| Reste à votre charge | 0 € |
| Coût par heure de formation | 0,00 € |
Ce que l’arrêté exige avant même le dossier
Le diplôme est accessible sans condition de diplôme scolaire (article 3). Les exigences portent sur l’aptitude à conduire et sur la santé. L’article 7 liste ce que le dossier doit prouver :
- un permis de conduire valide, sorti de la période probatoire ;
- l’attestation préfectorale d’aptitude à la conduite d’ambulance, délivrée après un examen médical ;
- un certificat médical de non-contre-indication à la profession d’ambulancier ;
- un certificat médical de vaccinations conforme à la réglementation, celle qui s’applique aux professionnels de santé.
Vient ensuite le stage d’observation de 70 heures, dans un service hospitalier chargé du transport sanitaire ou dans une entreprise de transport sanitaire habilitée (article 6). Il sert de matière à l’entretien : le candidat doit en parler. Deux profils en sont dispensés, ceux qui ont déjà travaillé comme auxiliaire ambulancier au moins 1 mois au cours des 3 dernières années, et les anciens de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris ou des marins-pompiers de Marseille qui justifient de 3 ans d’expérience.
La sélection : un dossier, puis un jury
L’admissibilité se joue sur pièces. Un binôme d’évaluateurs, un ambulancier diplômé en activité ou un chef d’entreprise de transport sanitaire titulaire du diplôme, associé à un formateur permanent, note le dossier sur 20. Les candidats qui obtiennent 10 ou plus sont déclarés admissibles (article 11).
L’entretien d’admission dure 20 minutes au plus et se note sur 20 (article 10). Il s’ouvre sur une présentation orale de 5 minutes liée au stage d’observation, suivie de 15 minutes d’échange avec le jury. Une note inférieure à 8 sur 20 est éliminatoire. Le jury classe ensuite les candidats selon les places de l’institut.
Les voies plus courtes
Plusieurs profils évitent une partie du parcours. Le titulaire d’un diplôme de niveau 4, comme le baccalauréat, ou d’un titre sanitaire ou social de niveau 3 au moins passe directement à l’entretien, à condition que ce diplôme ait été délivré dans le système de formation français (article 8). Celui qui a exercé comme auxiliaire ambulancier pendant 1 an en continu au cours des 3 dernières années ne dépose qu’un dossier d’admission (article 9). L’apprenti déjà recruté par un employeur est admis directement (article 15).
Les résultats ne valent que pour la rentrée concernée, mais le directeur peut accorder un report de 2 ans au plus (article 13). Chaque institut organise au moins 2 rentrées par an (article 16).
Le cursus en heures
| Composante | Volume fixé par l’arrêté | Article |
|---|---|---|
| Enseignement théorique et pratique | 556 h, en 10 modules | 17 et 18 |
| Formation en milieu professionnel | 245 h, soit 7 semaines | 17 et 19 |
| Total | 801 h | 17 |
| Part maximale à distance | 70 % de la théorie | 18 |
| Durée maximale en discontinu | 2 ans | 17 |
Les stages prennent trois formes : deux périodes de 2 semaines et une de 3 semaines (article 19), dont une en entreprise de transport sanitaire. Un portfolio suit l’apprenant d’un stage à l’autre (article 20). La présence aux cours et aux stages est obligatoire, et toute absence pour maladie doit être justifiée par un certificat (article 21).
À temps plein, le calcul donne environ 22,9 semaines de présence. Le simulateur en tête de page refait ce calcul avec votre propre rythme hebdomadaire.
5 blocs de compétences, sans compensation
Le diplôme atteste la validation de 5 blocs (article 1er, annexe II) :
- la prise en soin du patient à tout âge de la vie ;
- le recueil de données cliniques et les soins adaptés à l’état du patient, notamment en urgence ;
- le transport du patient dans le respect du code de la route et de la sécurité ;
- l’entretien et le contrôle du véhicule, des matériels et des installations ;
- le travail en équipe, le traitement des informations et la gestion des risques.
Chaque bloc exige au moins 10 sur 20 à l’évaluation théorique, et une bonne note dans l’un ne rattrape pas une mauvaise dans l’autre (article 22). Pour être déclaré reçu, l’élève doit aussi détenir l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence de niveau 2 (article 27). Le diplôme est délivré par le préfet de région sur décision d’un jury qu’il nomme (articles 26 et 27).
Allègements pour les professionnels de santé
Un diplôme sanitaire ou social déjà obtenu raccourcit le parcours. L’article 28 énumère des diplômes, parmi lesquels ceux d’aide-soignant, d’auxiliaire de puériculture, d’assistant de régulation médicale et d’accompagnant éducatif et social : leurs titulaires obtiennent des équivalences ou des allègements sur certains blocs. L’article 29 fait de même pour les infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, ergothérapeutes, psychomotriciens, manipulateurs d’électroradiologie et techniciens de laboratoire. Le détail bloc par bloc figure en annexe X, que l’arrêté renvoie au site du ministère de la santé : demandez à l’institut le tableau qui vous concerne avant de signer.
La formation courte d’auxiliaire
À côté du DEA existe une formation de 70 heures qui permet de travailler comme auxiliaire ambulancier (article 2). Elle porte sur l’hygiène, les valeurs professionnelles, la relation avec l’équipe et les patients, l’ergonomie, les gestes de mobilisation et de brancardage, et les règles du transport sanitaire. Elle s’ajoute aux mêmes exigences de permis, d’attestation préfectorale, de certificats médicaux et à l’attestation de gestes et soins d’urgence de niveau 2. Le choix entre les deux portes est détaillé sur la page devenir ambulancier.
Payer la formation : ce que le texte ne dit pas
L’arrêté ne fixe aucun tarif, et le site ne publie pas de moyenne faute de source publique. Chaque institut établit son devis. Selon votre situation, plusieurs pistes existent : le compte personnel de formation (CPF), le projet de transition professionnelle instruit par Transitions Pro pour un salarié en reconversion, une aide de la région, un accompagnement de France Travail pour un demandeur d’emploi, ou l’employeur, en particulier dans le cadre de l’apprentissage prévu par l’article 3. Aucune n’est automatique.
Saisissez votre devis et ce que vous avez obtenu dans le simulateur : il affiche le reste à charge et le coût par heure, utile pour comparer deux instituts. Pour une vue d’ensemble des frais d’entrée dans le métier, le simulateur de coût d’accès ajoute la visite médicale et vos autres dépenses de départ, et la page salaire d’ambulancier montre ce que rapporte le diplôme une fois en poste.