Devenir ambulancier : choisir sa porte d’entrée
On entre dans le transport sanitaire par une formation courte ou par un diplôme, et ce choix décide de ce que vous aurez le droit de faire.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources
Il existe deux façons de travailler dans une ambulance en France, toutes deux fixées par l’arrêté du 11 avril 2022. L’auxiliaire ambulancier suit une formation de 70 heures : il peut conduire le véhicule sanitaire léger (VSL) et l’ambulance, et faire équipe avec un ambulancier diplômé (article 2). L’ambulancier titulaire du diplôme d’État (DEA) est défini comme un professionnel de santé et du transport sanitaire, qui prend en soin et transporte des patients sur prescription médicale (annexe I) ; son diplôme demande 801 heures et une sélection. Les deux portes exigent un permis hors période probatoire, l’attestation préfectorale d’aptitude à la conduite d’ambulance, un certificat médical, des vaccinations à jour et l’attestation de gestes et soins d’urgence de niveau 2. L’emploi se trouve surtout dans les entreprises de transport sanitaire, dont les salariés relèvent de la convention collective des transports routiers et de l’accord du 16 février 2004 sur les rémunérations.
Auxiliaire ou diplôme d’État : combien de semaines avant de travailler
Diplôme d’État d’ambulancier (DEA)
22,9 semaines
| Auxiliaire ambulancier | 2,0 semaines |
| Heures du DEA | 801 h |
| Heures de la formation d’auxiliaire | 70 h |
Le DEA compte 7 semaines de stage de 35 heures ; sélection préalable sur dossier et entretien.
Deux portes, deux métiers
Le transport sanitaire ne connaît pas un seul statut. L’arrêté du 11 avril 2022 en organise deux, avec des droits différents.
| Auxiliaire ambulancier | Ambulancier diplômé d’État | |
|---|---|---|
| Formation | 70 h avec évaluation | 801 h après sélection |
| Ce que le texte lui confie | conduire le VSL et l’ambulance, être l’équipier de l’ambulancier | prise en soin et transport des patients sur prescription médicale |
| Sélection | aucune prévue par l’arrêté | dossier noté, puis entretien |
| Texte | arrêté du 11 avril 2022, art. 2 | même arrêté, art. 1er et annexe I |
Le mini-simulateur ci-dessus compare le temps nécessaire avant de pouvoir travailler, selon le nombre d’heures que vous pouvez consacrer chaque semaine à la formation.
L’auxiliaire : entrer vite
La formation d’auxiliaire porte sur l’hygiène, les valeurs du métier, la relation avec l’équipe et les patients, l’ergonomie, les gestes de portage et de brancardage, et les règles du transport sanitaire. Elle donne le droit de conduire et d’accompagner, pas celui d’assurer seul la prise en soin. Elle convient à qui veut voir le métier de l’intérieur avant un cursus long, ou a besoin d’un salaire rapidement.
Le diplômé d’État : le métier complet
L’annexe I de l’arrêté présente l’ambulancier comme un professionnel de santé. Son diplôme couvre le recueil de données cliniques, les soins adaptés à l’état du patient, y compris en urgence, l’entretien du véhicule et le travail en équipe. Le cursus, la sélection et les allègements sont décrits sur la page formation d’ambulancier : on ne les répète pas ici.
Le socle commun aux deux portes
Avant toute inscription, vérifiez quatre points, exigés à l’identique par l’article 2 pour l’auxiliaire et par l’article 7 pour le candidat au diplôme :
- un permis de conduire valide et sorti de la période probatoire ;
- l’attestation préfectorale d’aptitude à la conduite d’ambulance, délivrée après un examen médical ;
- un certificat médical de non-contre-indication à la profession ;
- un certificat de vaccinations conforme à la réglementation.
S’y ajoute l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence de niveau 2, demandée à l’auxiliaire (article 2) et exigée du diplômé avant la proclamation des résultats (article 27). Un permis encore probatoire est donc le premier obstacle à regarder : aucune des deux formations ne l’accepte.
Passer d’auxiliaire à diplômé
Les deux portes communiquent. Quelques semaines d’expérience suffisent pour échapper au stage d’observation : 1 mois comme auxiliaire, en continu ou non, au cours des 3 dernières années (article 6). Avec 1 an d’activité continue dans une ou plusieurs entreprises de transport sanitaire sur la même période, la sélection se limite à un dossier d’admission (article 9). Commencer comme auxiliaire n’est donc pas une impasse : c’est une manière de tester le métier en étant payé.
Ambulance, VSL, taxi conventionné : ne pas confondre
Trois véhicules transportent des patients, avec trois cadres différents.
- L’ambulance est le véhicule de l’équipage : l’auxiliaire peut la conduire et y être l’équipier, l’ambulancier diplômé y assure la prise en soin.
- Le véhicule sanitaire léger (VSL) fait aussi partie du transport sanitaire : l’article 2 autorise l’auxiliaire à le conduire. Son fonctionnement propre n’est pas traité sur cette page.
- Le taxi conventionné n’est pas un véhicule sanitaire. C’est un taxi dont l’exploitant a signé une convention avec l’Assurance maladie pour le transport assis de personnes malades, sur le modèle de la décision du 13 février 2025 qui fixe les tarifs. Service-public précise que ces taxis ont jusqu’au 1er janvier 2027 pour s’équiper d’une géolocalisation certifiée et du système électronique de facturation intégré (SEFI).
Le conducteur d’un taxi conventionné passe par l’examen de la chambre de métiers, la carte professionnelle de taxi et l’autorisation de stationnement : c’est le parcours décrit sur devenir chauffeur de taxi, qui détaille aussi le conventionnement. Les diplômes d’ambulancier n’y donnent aucun droit, et la carte de taxi ne permet pas de travailler en ambulance.
Trouver un emploi salarié
Le débouché principal est l’entreprise de transport sanitaire privée, celle qui accueille aussi les stages. Ses salariés relèvent de la convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires du transport du 21 décembre 1950. Leurs salaires minimaux sont fixés par l’accord du 16 février 2004 relatif aux rémunérations des personnels ambulanciers, mis à jour par avenants. Le dernier, l’avenant n° 8 du 6 mai 2025, étendu à toutes les entreprises du secteur, prévoit trois niveaux d’ambulancier et une indemnité pour le travail des dimanches et jours fériés.
Un point mérite votre attention avant de signer : pour 2 des trois niveaux, le taux d’embauche de la grille est inférieur au Smic 2026, si bien que c’est le Smic qui s’applique. L’avenant ne dit pas quel poste relève de quel niveau ; demandez-le par écrit à l’employeur. Les chiffres et le calcul mensuel sont sur la page salaire d’ambulancier.
L’arrêté mentionne aussi les services hospitaliers chargés du transport sanitaire, comme lieux du stage d’observation. Les règles d’embauche à l’hôpital relèvent d’autres textes, que cette page ne couvre pas.
Par où commencer cette semaine
- Vérifiez la date de fin de votre période probatoire sur votre permis.
- Renseignez-vous auprès de votre préfecture sur l’examen médical qui conduit à l’attestation d’aptitude à la conduite d’ambulance.
- Faites le point sur vos vaccinations avec votre médecin.
- Choisissez la porte : auxiliaire pour travailler vite, diplôme d’État pour le métier complet, ou les deux à la suite.
- Chiffrez la dépense avec le simulateur de coût d’accès, en saisissant le devis de l’institut.