Mis à jour le

Devenir chauffeur VTC : le parcours complet, étape par étape

Douze étapes séparent le permis B de la première course facturée ; voici l’ordre qui évite de payer deux fois.

Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources

Pour devenir chauffeur VTC en 2026, il faut détenir le permis B depuis 3 ans (2 ans après une conduite accompagnée), avoir un casier judiciaire compatible et réussir l’examen des chambres de métiers et de l’artisanat, facturé 241 € cette année. Depuis le 12 août 2026, l’examen est la seule voie d’accès : le décret n° 2026-764 a fermé l’équivalence par l’expérience. Viennent ensuite la carte professionnelle (environ 60 €, avec l’avis d’un médecin agréé), l’immatriculation de votre entreprise au registre national des entreprises dans le secteur de l’artisanat, puis l’inscription au registre des VTC (170 €), une assurance de responsabilité civile professionnelle, une voiture conforme et la vignette rouge (environ 35 €). Sans compter la formation, facultative, ni le véhicule, les frais indiqués par les textes s’élèvent à 506 €. Au volant, chaque course doit avoir été réservée à l’avance : la maraude est interdite et punie depuis le 27 juin 2026 de 3 ans de prison et 45000 € d’amende.

Votre budget pour devenir VTC

Avant le premier client, hors véhicule

2 056 €

Frais réglementés (examen, carte, registre, vignette)506 €
Examen T3P complet 2026241 €
Formation et médecin (vos montants)1 550 €
Coût d’accès détaillé →

Étape 1 : vérifier que vous remplissez les conditions

Avant de dépenser un euro, contrôlez quatre points. Le permis B doit avoir au moins 3 ans, ou 2 ans si vous l’avez obtenu par la conduite accompagnée, et sa période probatoire doit être finie : le règlement de l’examen refuse toute inscription tant qu’elle court. Le bulletin n° 2 du casier judiciaire ne doit porter aucune des condamnations de l’article R3120-8 du code des transports. Un médecin agréé par la préfecture, et non votre médecin traitant, doit rendre un avis favorable sur le formulaire cerfa n° 14880. Enfin, il faudra réussir l’examen.

Aucun diplôme n’est demandé : service-public précise que l’examen est ouvert quel que soit le niveau d’études. Le brevet de secourisme n’est plus obligatoire pour le VTC, alors qu’il l’est encore pour le taxi. La visite médicale n’est pas exigée pour s’inscrire à l’examen, seulement pour la carte, comme le rappelle la foire aux questions de la CMA. Placez-la donc après l’écrit : l’avis doit dater de moins de 2 ans le jour de la demande de carte.

Une condition a disparu cette année. Jusqu’au 11 août 2026, un an d’expérience de chauffeur professionnel au cours des dix dernières années permettait d’obtenir la carte sans examen. Le décret n° 2026-764 du 5 août 2026 a supprimé cette voie pour toute demande déposée depuis le 12 août ; le détail est sur la page carte VTC par équivalence.

Étape 2 : se préparer, avec ou sans formation

La formation n’est pas obligatoire. Service-public la juge « fortement recommandée », indique une durée de 50 à 300 heures et un prix de 400 € à 3 000 € selon le centre, finançable par le compte personnel de formation (CPF) ou avec l’aide de France Travail. La liste des centres agréés de votre département se trouve auprès de la CMA ou de la préfecture.

Ce qu’un centre apporte surtout, c’est l’épreuve pratique : il prête la voiture à double commande exigée le jour J et fait répéter le devis, le GPS et l’accueil du client. Un candidat libre qui maîtrise déjà la gestion et la réglementation peut préparer l’écrit seul, mais devra louer un véhicule équipé pour la pratique. Les écarts entre formules, et ce qu’il faut vérifier sur un devis, sont détaillés dans le guide de la formation VTC.

Étape 3 : passer l’examen de la CMA

L’inscription se fait en ligne sur la plateforme des chambres de métiers, pour 241 € en 2026 (237 € en 2025). Ce prix couvre l’écrit et la pratique, pas la location du véhicule. L’écrit réunit sept épreuves, cinq communes au taxi et au VTC et deux propres au VTC : développement commercial et réglementation nationale. Il faut une moyenne pondérée d’au moins 10/20, sans note éliminatoire. Vient ensuite une mise en situation de 45 minutes au plus, dont au moins 20 minutes de conduite, où il faut obtenir 12/20.

Le règlement garantit, une fois le dossier validé, de passer les épreuves et de connaître le résultat de la pratique dans les 4 mois. Coefficients, notes éliminatoires, barème de la conduite et règles de repassage sont sur la page examen VTC (T3P).

Étape 4 : demander la carte professionnelle

Dès réception de l’attestation de réussite, la demande se dépose en ligne sur Démarches simplifiées, avec l’avis du médecin agréé. L’Imprimerie nationale réclame ensuite environ 60 €. La carte vaut 5 ans sur tout le territoire et se pose sur le pare-brise pendant le service. Pièces, contrôle Cerbère et pièges du dossier : voir la page carte VTC.

Étape 5 : créer l’entreprise et choisir son régime

Le chauffeur VTC à son compte relève du secteur artisanal. Son entreprise s’immatricule au registre national des entreprises (RNE), sur le Guichet des formalités des entreprises, avec une pièce d’identité, un justificatif de domiciliation, une attestation de non-condamnation et une attestation de filiation. S’il manque une pièce, le guichet laisse 15 jours, renouvelables une fois, pour la fournir.

Le choix de fond oppose l’entreprise individuelle et la société. En micro-entreprise, le chiffre d’affaires ne doit pas dépasser 83 600 € en 2026 pour les services ; les cotisations sont un pourcentage des recettes, 21,2 % pour une prestation de service commerciale ou artisanale selon l’Urssaf, plus 0,3 % de contribution à la formation professionnelle d’un artisan. L’aide à la création (Acre) réduit ce taux au début. En contrepartie, aucune charge ne se déduit : carburant, crédit, assurance et commissions restent à votre charge sans alléger les cotisations.

Au réel, en entreprise individuelle ou en société, les frais se déduisent et la TVA payée sur la voiture se récupère. La course de VTC est taxée à 10,0 % ; tant que vos recettes restent sous 37 500 €, la franchise en base vous dispense de la facturer. Le simulateur de revenu net compare la micro-entreprise et l’entreprise individuelle au réel ; la SASU n’y figure pas, faute de barème vérifié. Les règles de TVA propres au transport de personnes sont sur la page TVA du VTC et du taxi.

Étape 6 : s’inscrire au registre des VTC

Sans inscription au registre des exploitants de VTC, aucune course n’est légale. Elle coûte 170 €, se fait uniquement en ligne et demande l’attestation d’assurance, le justificatif d’immatriculation de l’entreprise, la carte grise, la carte professionnelle et, si la voiture n’est ni à vous ni louée plus de 6 mois, une garantie financière de 1 500 € par véhicule. L’administration a 2 mois après un dossier complet pour vous inscrire. Les pièces, les mises à jour obligatoires et les sanctions renforcées le 27 juin 2026 sont expliquées sur la page registre VTC.

Étape 7 : trouver une voiture conforme

L’arrêté du 26 mars 2015 fixe le gabarit : moins de 7 ans (sauf voiture de collection), au moins 4 portes, 4,50 m de long et 1,70 m de large au minimum, 84 kW de puissance nette ou plus. Service-public ajoute une capacité de 4 à 9 places, conducteur compris. Les hybrides et les électriques échappent aux critères d’âge, de taille et de puissance. Aucun dispositif lumineux extérieur n’est permis, pour ne pas se confondre avec un taxi.

Acheter, louer longue durée ou louer à la semaine change la garantie financière demandée par le registre et le coût au kilomètre. Le calcul du coût du véhicule met les options côte à côte.

Étape 8 : assurer l’activité

Une responsabilité civile professionnelle est obligatoire, et son attestation fait partie du dossier du registre. Service-public signale une amende pouvant atteindre 3 750 € sans assurance. Tous les assureurs peuvent la proposer ; vérifiez que le contrat couvre bien le transport de personnes à titre onéreux, et non un simple usage privé ou professionnel du véhicule.

Étape 9 : commander et coller la vignette

La signalétique rouge se commande depuis votre compte du registre, pour environ 35 €. En attendant le modèle définitif, une vignette temporaire peut servir 30 jours au plus. La vignette définitive se colle deux fois : en bas à gauche du pare-brise avant, côté conducteur, et en bas à droite de la lunette arrière. Elle porte votre numéro d’inscription au registre et la plaque du véhicule.

Étape 10 : connaître les règles de prise en charge

C’est ici que le VTC se distingue du taxi, et que les contrôles se concentrent. L’article L3120-2 du code des transports pose la règle de la réservation préalable : vous ne prenez que des clients qui ont réservé. En cas de contrôle, vous montrez un justificatif papier ou électronique dont l’arrêté du 6 août 2025 liste le contenu : identité de l’exploitant, nom et téléphone du client, date et heure de la réservation, date, heure et lieu de prise en charge, numéro au registre des VTC et numéro Siren.

  • La maraude est interdite, qu’elle soit physique (rouler à vide en cherchant un client, être hélé dans la rue) ou électronique.
  • Sans réservation enregistrée après une course, vous retournez au siège de l’entreprise, à votre domicile si vous êtes à votre compte, ou dans un parking hors de la chaussée.
  • Près d’une gare ou d’un aéroport, l’attente d’un client qui a réservé ne dépasse pas 1 heure.
  • Les prix sont libres : forfait fixé à la réservation, ou calcul selon le temps et la distance après la course.

Depuis le 27 juin 2026, prendre un client sans réservation est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende pour une personne physique (225 000 € pour une société), avec en plus une possible suspension du permis jusqu’à 5 ans, l’immobilisation du véhicule jusqu’à 1 an et sa confiscation.

Étape 11 : trouver des clients et estimer ce qui reste

Deux modèles coexistent. Les plateformes de réservation envoient des courses contre une commission prélevée sur chacune ; service-public précise que cette commission et les conditions tarifaires varient d’une plateforme à l’autre, et nous ne publions aucun taux. L’autre voie consiste à bâtir sa propre clientèle, par exemple auprès d’hôtels ou d’agences de voyage. Les deux se combinent. Certaines plateformes proposent aussi des parcours « clés en main » avec examen et formation : lisez ce qui est inclus et ce qui vous engage.

Les chauffeurs reliés à une plateforme bénéficient de planchers négociés à l’ARPE, l’autorité des relations sociales des plateformes : 9 € par course au minimum après commission (avenant du 19 décembre 2023), 30 € par heure travaillée et 1 € par kilomètre en course (accord du 19 décembre 2023). Un accord du 19 septembre 2023 impose aussi aux plateformes de mieux informer avant une désactivation de compte.

Un plancher n’est pas un revenu. Le mini-simulateur ci-dessous part de vos courses facturées, de la commission lue sur votre relevé et de vos heures : le résultat est une estimation du simulateur à partir de vos hypothèses et des taux officiels, jamais une promesse.

Pour aller plus loin, la page salaire d’un chauffeur VTC détaille les postes de charges.

Combien il vous reste en VTC de plateforme

Net estimé par mois, avant impôt

1 128 €

Net par heure connectée5,89 €
Commission par mois1 342 €
TVA à reverser par mois488 €

Frais de véhicule d’exemple (1 360 € par mois), micro-entreprise, 46 semaines. Garantie des accords : 9 € net par course au minimum.

Simulateur complet du revenu net →

Étape 12 : tenir le calendrier des renouvellements

Trois échéances reviennent. Tous les 5 ans, la carte se renouvelle après un stage de formation continue de 14 heures, à suivre 3 mois avant l’expiration, puis un nouveau paiement d’environ 60 €. Avec la nouvelle carte, l’inscription au registre se refait. Chaque année, la voiture passe au contrôle technique sans convocation, et une voiture thermique doit être remplacée avant ses 7 ans. Le calendrier de renouvellement calcule les dates à partir de la délivrance.

Le parcours résumé, avec ce qu’il coûte

Sources : service-public F31027 (12 août 2026), CMA tarifs 2026, code des transports R3122-1
ÉtapeOùCoût indiqué par les textes
Médecin agréé (cerfa 14880)cabinet agréé par la préfecturenon réglementé
Formation (facultative)centre agréé400 € à 3 000 €
Examen T3PCMA, en ligne241 €
Carte professionnelleDémarches simplifiées, préfectureenviron 60 €
Immatriculation de l’entrepriseGuichet des formalités, RNEselon la forme choisie
Registre des VTCsite du registre170 €
Garantie financière (si besoin)organisme financier1 500 € par véhicule
Vignette rougecompte du registreenviron 35 €

Le premier mini-simulateur de la page, en haut, additionne ces montants avec vos propres prix de formation et de médecin. Le simulateur de coût d’accès ajoute le véhicule et les premiers mois d’activité.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il compter entre la décision et la première course en VTC ?

Le seul délai garanti est celui de la CMA : une fois le dossier d’examen validé, elle s’engage à vous faire passer les épreuves et à publier le résultat de la pratique dans les 4 mois suivant son dépôt (règlement, art. III.3). La préfecture n’a pas de délai publié pour la carte. Le registre des VTC dispose ensuite de 2 mois au plus après un dossier complet (article R3122-2). Une préparation de quelques semaines s’ajoute en amont.

Peut-on réussir l’examen VTC en candidat libre, sans payer de centre ?

Oui. Le règlement de la CMA ouvre l’examen « en candidature libre ou à la fin d’un parcours de formation », et service-public qualifie la formation de fortement recommandée mais non obligatoire. Le candidat libre doit tout de même louer ou fournir pour l’épreuve pratique une voiture à double commande, ce que les droits d’inscription de 241 € ne couvrent pas. Les annales ne sont pas diffusées : les sujets restent confidentiels.

Faut-il immatriculer son entreprise avant ou après avoir reçu la carte VTC ?

Les deux démarches peuvent avancer en parallèle après l’examen. Service-public place l’immatriculation au registre national des entreprises juste après la réussite, la carte ensuite. Ce qui compte, c’est d’avoir les deux en main pour l’inscription au registre des VTC : l’article R3122-1 du code des transports exige à la fois le justificatif d’immatriculation de l’entreprise et la copie de la carte professionnelle de chaque conducteur.

Peut-on conduire un VTC comme salarié, sans créer sa propre entreprise ?

Oui. La personne qui s’inscrit au registre est l’exploitant ; il peut employer des conducteurs. Depuis le 27 juin 2026, l’article L3122-3 du code des transports l’oblige à y déclarer le nom de ces conducteurs, le numéro de leur carte professionnelle et les plaques des véhicules. Le salarié doit, lui, avoir réussi l’examen et détenir sa propre carte, valable 5 ans.

Un client me fait signe sur le trottoir : ai-je le droit de le prendre ?

Non. L’article L3120-2 du code des transports réserve la prise en charge sans réservation aux taxis, et service-public précise que la maraude électronique est interdite comme la maraude physique. Depuis le 27 juin 2026, prendre un client sans réservation préalable expose à 3 ans d’emprisonnement et 45000 € d’amende, avec une possible suspension du permis jusqu’à 5 ans et la confiscation du véhicule.

Quel budget prévoir pour se lancer comme chauffeur VTC, voiture non comprise ?

Les frais publiés font 506 € en 2026 : examen 241 €, carte environ 60 €, registre 170 €, vignette environ 35 €. S’y ajoutent la visite chez le médecin agréé, dont le prix n’est pas réglementé, et la formation si vous en suivez une : 400 à 3000 € selon service-public. Une voiture que vous ne possédez pas et ne louez pas plus de 6 mois impose une garantie de 1500 €.

Les plateformes de réservation garantissent-elles un minimum par course au chauffeur VTC ?

Oui, par les accords signés dans le cadre de l’ARPE et repris par service-public : au moins 9 € par course, calculés après déduction de la commission, 30 € par heure travaillée et 1 € par kilomètre parcouru en course. Ces planchers valent sur tout le territoire et peuvent être révisés chaque année. Ils ne disent rien du nombre de courses que vous recevrez.

Mon casier judiciaire peut-il bloquer mon projet de devenir chauffeur VTC ?

Seulement si le bulletin n° 2 porte une condamnation listée à l’article R3120-8 du code des transports : délit routier ayant retiré la moitié des points, conduite sans permis ou malgré une annulation, peine criminelle, ou au moins six mois de prison pour vol, escroquerie, abus de confiance, violences, agression sexuelle, trafic d’armes, extorsion ou stupéfiants. Une autre mention n’empêche pas l’accès. La préfecture le vérifie au moment de la carte.

Pages et simulateurs associés

Sources

Rédigé par

Éditeur de guides et de simulateurs pour les chauffeurs · taxi, VTC, ambulance

Mis à jour le · Charte éditoriale · Contact

Textes et barèmes 2026, vérifiés le