Devenir chauffeur de taxi : le parcours, de la formation à la première course
Huit étapes séparent un titulaire du permis B de sa première course au compteur, et la plus longue n’est pas l’examen.
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Pour devenir chauffeur de taxi en 2026, il faut un permis B depuis 3 ans (2 ans après une conduite accompagnée), un casier judiciaire sans les condamnations de l’article R3120-8 du code des transports, l’avis favorable d’un médecin agréé et une attestation de premiers secours PSC1 datant de moins de 2 ans. On passe ensuite l’examen organisé par la chambre de métiers et de l’artisanat (241 € en 2026), avec ou sans formation : celle-ci est recommandée, pas obligatoire, et coûte de 400 € à 3 000 € pour 50 à 300 heures selon service-public. La carte professionnelle, environ 60 €, ne vaut que dans le département de l’examen, sauf stage de mobilité. Reste le plus lourd : exploiter une licence, l’autorisation de stationnement (ADS), obtenue gratuitement après des années d’attente, achetée de 30 000 € à 300 000 €, louée, ou fournie par un employeur si l’on choisit d’être salarié.
Votre budget pour devenir taxi
Avant la première course, hors véhicule
1 911 €
| Examen et carte (réglementés) | 301 € |
| Formation, PSC1, médecin (hypothèse 50 €) | 1 610 € |
| Licence | 0 € |
Les quatre conditions personnelles
Avant toute inscription, vérifiez quatre points, que la préfecture contrôlera au moment de délivrer la carte. Le permis B doit dater d’au moins 3 ans, ou 2 ans si vous l’avez obtenu après une conduite accompagnée, et la période probatoire doit être terminée : la CMA refuse l’inscription à l’examen tant qu’elle court. Le bulletin n° 2 du casier judiciaire ne doit mentionner aucune des condamnations listées à l’article R3120-8 du code des transports.
Il faut aussi un avis médical favorable sur le cerfa n° 14880, rendu par un médecin agréé par la préfecture. Votre médecin traitant ne peut pas le signer ; la liste des médecins agréés est publiée par chaque préfecture. La quatrième condition est propre au taxi : une attestation de formation aux premiers secours, le PSC1 (prévention et secours civiques de niveau 1), suivie depuis moins de 2 ans. Les chauffeurs VTC n’y sont pas soumis. La CMA le rappelle dans ses conditions d’accès d’octobre 2025.
Ni le certificat médical ni le PSC1 ne sont demandés pour s’inscrire à l’examen. Ils servent plus tard, pour la carte. Ne les faites pas trop tôt : un certificat ou une attestation périmés de quelques semaines obligent à recommencer.
La formation taxi : utile, pas obligatoire
On peut se présenter en candidat libre. Service-public décrit pourtant la formation comme « fortement recommandée » pour réussir, et l’on comprend pourquoi en regardant le programme : réglementation nationale et locale, gestion d’entreprise, sécurité routière, français, anglais, puis une épreuve de conduite où il faut manier taximètre, imprimante et terminal de paiement sous le regard d’un jury.
Les centres agréés, dont la liste est publiée par la préfecture, annoncent de 50 à 300 heures environ, pour un prix de 400 € à 3 000 € selon service-public. Le compte personnel de formation peut la financer, et France Travail peut aider un demandeur d’emploi. Ce site ne recommande aucun centre : comparez les devis, demandez si la location du véhicule équipé pour l’épreuve pratique est comprise, car les droits d’examen ne la couvrent pas.
Le mini-simulateur en haut de page additionne ce que coûte l’ensemble avant la première course, à partir de vos propres devis. Le détail ligne par ligne est dans le simulateur de coût d’accès au métier.
L’examen de la chambre de métiers
L’examen est commun dans son architecture aux taxis, aux VTC et aux motos-taxis, mais deux épreuves écrites sur sept sont propres au taxi, dont l’une porte sur le territoire et la réglementation de votre département. Les écrits se valident avec une moyenne pondérée d’au moins 10 sur 20 sans note éliminatoire, puis vient une épreuve pratique notée sur 20, réussie à partir de 12. L’inscription se fait en ligne auprès de la CMA, pour 241 € en 2026.
Les épreuves, leurs durées, leurs coefficients et le barème de la conduite sont détaillés sur la page examen taxi, avec un simulateur de note pour l’épreuve pratique. Retenez ici une conséquence pratique : le candidat taxi est convoqué à l’épreuve pratique dans le département où il veut exercer, et c’est dans ce département que sa carte vaudra.
La carte professionnelle, liée à un département
Avec l’attestation de réussite de la CMA, vous déposez la demande de carte de conducteur de taxi en ligne, sur Démarches simplifiées. La préfecture vérifie l’identité, le permis, l’avis médical, le PSC1 et l’attestation d’aptitude. La carte coûte environ 60 € et vaut 5 ans. Rien n’oblige à la demander aussitôt, mais une demande déposée plus de 5 ans après l’examen doit être accompagnée d’une attestation de formation continue de moins de 5 ans, selon service-public.
La différence avec le VTC est géographique : la carte taxi ne permet d’exercer que dans le département de l’examen. L’autorité administrative peut adresser un avertissement, ou retirer la carte temporairement ou définitivement, au conducteur qui enfreint la réglementation de la profession.
La mobilité vers d’autres départements
Vous déménagez, ou votre clientèle déborde sur le département voisin ? La mobilité interdépartementale vous l’ouvre, dans la limite de 4 départements. Elle passe par un stage de 14 heures, ou 35 heures pour Paris, consacré à la géographie, aux sites touristiques et à la réglementation locale du nouveau territoire. Avec l’attestation de stage, on demande une nouvelle carte portant les départements autorisés, au même prix d’environ 60 €. Le cadre est fixé par l’arrêté du 11 août 2017.
Artisan, locataire ou salarié : trois façons d’exercer
Service-public distingue trois statuts. Ils ne demandent pas le même argent au départ et ne laissent pas le même revenu à la fin du mois.
| Statut | Licence | Véhicule | Rémunération |
|---|---|---|---|
| Artisan | à vous, gratuite ou achetée | à votre charge, entretien et assurance compris | tout le bénéfice |
| Locataire (location-gérance) | louée, contrat d’au moins 1 an | entretenu par l’entreprise de location | toutes les recettes, moins le loyer |
| Salarié | détenue par l’employeur | entretenu et assuré par l’employeur | un fixe et un pourcentage des recettes du compteur |
L’artisan exerce une activité artisanale au sens de l’article L125-5 du code de l’artisanat : il crée son entreprise (micro-entreprise, entreprise individuelle, EURL ou SASU) et l’immatricule au registre national des entreprises. Le locataire est lui aussi indépendant ; service-public signale qu’il n’a pas droit à l’assurance chômage s’il arrête. Le salarié, lui, a un contrat de travail. Pour ce qui reste à chacun, voyez combien gagne un taxi, où les trois cas sont chiffrés avec le simulateur.
La licence : la vraie barrière d’entrée
Un taxi ne roule pas sans autorisation de stationnement, l’ADS, que tout le monde appelle licence ou plaque. Elle est attachée au véhicule, son territoire est programmé dans le taximètre, et c’est elle qui donne le droit à la maraude : charger un client qui vous hèle dans la rue ou vous attend à une station.
Trois voies existent. La mairie, ou la préfecture de police à Paris, attribue gratuitement les nouvelles licences par liste d’attente, avec une priorité aux conducteurs déjà en activité depuis 2 ans. Un titulaire d’une ancienne licence peut vous la vendre à un prix libre, que service-public situe entre 30 000 € et 300 000 €. Une entreprise spécialisée peut vous en louer une. La carte professionnelle est exigée pour la demander gratuitement ou la louer.
Les règles d’incessibilité, la durée de validité, les prix publiés et le calcul achat contre location sont sur la page licence de taxi. Le simulateur ci-dessous en donne un premier aperçu avec vos chiffres.
Licence de taxi : acheter à crédit ou louer ?
Mensualité sur 10 ans
1 555 €
| Écart avec le loyer, par mois | -1 945 € |
| Intérêts sur la durée | 36 549 € |
| Années de loyer égales au prix | 4,5 |
Prix et loyer par défaut : ordres de grandeur parisiens publiés par service-public. Taux de 4,50 % : remplacez-le par votre offre.
Hors de sa zone : la réservation préalable
La licence fixe un territoire. Dehors, la maraude n’est plus permise : vous ne pouvez prendre un client qu’après une réservation, et vous devez pouvoir en présenter le justificatif à un contrôle, sur papier ou sur écran. Les articles L3121-11 et suivants du code des transports posent le principe ; l’arrêté du 6 août 2025 liste les mentions : numéro de l’ADS, nom et coordonnées de l’exploitant, numéro Siren, nom et téléphone du client, date et heure de la réservation, date, heure et lieu de prise en charge souhaités.
La même règle vaut pour un conducteur qui n’a pas de licence. Si le nom ou le téléphone du client manque, il faut donner sans délai à l’agent le moyen de le joindre. Gardez l’habitude de tout consigner dans votre application de réservation : c’est votre défense en cas de contrôle.
Le véhicule et ses équipements obligatoires
Le véhicule compte au plus 9 places assises, conducteur compris. Service-public énumère ce qu’il doit porter :
- le dispositif lumineux de toit, avec la mention « taxi » et le nom de la commune, vert quand le taxi est libre, rouge quand il est occupé ;
- le taximètre, qui mesure le temps et la distance et doit rester visible du client ;
- un terminal de paiement par carte bancaire ;
- une imprimante reliée au taximètre pour remettre la note ;
- une plaque visible de l’extérieur avec le numéro de l’ADS et le ou les départements d’exercice.
Le contrôle technique est dû la première année puis chaque année, sans convocation : c’est à vous d’y penser, et le taximètre comme le lumineux y sont vérifiés. L’assurance doit couvrir un usage professionnel, avec une responsabilité civile professionnelle. Les tarifs de course, plafonnés par arrêté et actualisés chaque année dans le taximètre, relèvent du cadre réglementaire des tarifs ; ce site n’en publie pas la grille, qui concerne le client.
Service-public cite aussi un smartphone muni d’une application agréée par le.taxi, le registre de disponibilité des taxis. Ce service est suspendu depuis le 12 juin 2026, et les obligations qui s’y rattachent ne peuvent plus être remplies depuis cette date.
Le taxi-relais en cas de panne
Si votre véhicule est immobilisé par une panne, un accident ou un vol, vous pouvez rouler temporairement avec un véhicule de remplacement, le taxi-relais. Les véhicules disponibles dans chaque département figurent dans un répertoire en ligne sur le site MesADS. Le recours est temporaire : il couvre l’immobilisation, pas un changement de véhicule.
Le conventionnement CPAM et le transport de patients
Beaucoup de taxis hors des grandes villes vivent en partie du transport assis de patients, remboursé par l’Assurance maladie. Il faut pour cela signer avec la caisse une convention calquée sur la convention-cadre approuvée par l’arrêté du 29 juillet 2025. Ses tarifs s’appliquent depuis le 1er novembre 2025 ; la convention vaut un an, renouvelable dans la limite de 5 ans. Le détail figure sur la page taxi conventionné.
Deux équipements deviennent obligatoires sur tous les véhicules conventionnés avant le 1er janvier 2027 : une géolocalisation certifiée par l’Assurance maladie, qui enregistre le lieu et l’heure de prise en charge et d’arrivée, et le SEFI, système électronique de facturation intégré, qui facture le kilométrage réel. Le SEFI suppose d’obtenir au préalable une carte de dirigeant ou de personnel d’établissement de santé auprès de l’Agence du numérique en santé. Budgétez ces deux équipements dès l’achat du véhicule si vous visez ce marché.
La convention impose enfin de proposer le transport partagé quand l’ordonnance le permet, pour certains soins (chimiothérapie, radiothérapie, dialyse, rééducation, hôpital de jour) : pas plus de 10 km de détour, un rayon de 30 km autour de la destination, 45 minutes d’attente supplémentaire au plus. Un patient qui refuse paie directement la course, et le refus est noté sur la facture.
Après le démarrage : ce qui revient chaque année ou tous les cinq ans
La carte expire au bout de 5 ans. Pour la renouveler, on suit un stage de formation continue de 14 heures sur deux jours, au plus tard 3 mois avant l’échéance, puis on redemande la carte. Le contenu du stage est sur la page formation continue, et le calendrier de renouvellement calcule vos dates.
Une licence obtenue gratuitement depuis le 1er octobre 2014 vaut 5 ans ; son renouvellement se demande 3 mois avant la fin. Chaque année, enfin : le contrôle technique, la mise à jour du taximètre aux nouveaux tarifs, et la déclaration de vos recettes, avec la TVA à 10 % sur le transport de voyageurs dès que vous dépassez la franchise (voir la TVA du taxi).
L’ordre des démarches, résumé en une liste
- Vérifier le permis, le casier et la fin de la période probatoire.
- Choisir de se former ou non, puis s’inscrire à l’examen auprès de la CMA.
- Réussir les écrits, puis l’épreuve pratique dans le département visé.
- Passer le PSC1 et la visite chez le médecin agréé, dans les deux ans qui précèdent la demande de carte.
- Demander la carte sur Démarches simplifiées.
- Choisir son statut, créer son entreprise si l’on est artisan ou locataire.
- Obtenir, acheter ou louer une licence, ou signer un contrat de travail.
- Équiper et assurer le véhicule, puis signer la convention CPAM si on la vise.
Le taxi n’est pas le seul métier de chauffeur accessible par l’examen de la CMA. Si l’attente d’une licence vous décourage, comparez avec le parcours VTC, sans licence mais sans maraude.