Charges et comptabilité d’un chauffeur VTC ou taxi
Ce que vous devez noter, garder et déclarer dépend d’abord du régime : forfait micro ou frais réels.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources
Les obligations comptables d’un chauffeur VTC ou taxi dépendent de son régime. En micro-entreprise, le prestataire de services tient un livre des recettes qui indique, au jour le jour, le montant, l’origine et le mode de paiement de chaque recette, avec les références des pièces ; le registre des achats ne lui est pas demandé (service-public, fiche F36018). Il déclare son chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, conserve ses justificatifs 10 ans et ouvre un compte bancaire dédié si son chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années de suite (F23266). Ses charges ne se déduisent pas : l’impôt applique un abattement forfaitaire de 50 % au chiffre d’affaires. Au régime réel simplifié, ouvert jusqu’à 286 000 € de chiffre d’affaires de services, le chauffeur tient une comptabilité complète, dépose la liasse n° 2031 et ses annexes, et déduit ses frais réels : véhicule, carburant, assurance, entretien, commissions de plateforme.
Bénéfice imposable : forfait micro ou frais réels ?
Le plus bas des deux
frais réels
| Bénéfice imposable en micro (forfait) | 30 000 € |
| Bénéfice imposable au réel | 26 000 € |
| Écart de base imposable | 4 000 € |
Impôt sur le revenu seulement : les cotisations sociales suivent d’autres règles.
Deux logiques : le forfait ou les frais réels
Un chauffeur à son compte ne tient pas la même comptabilité selon qu’il est en micro-entreprise ou au régime réel. En micro, l’administration ne regarde pas les dépenses : elle applique un abattement forfaitaire de 50 % au chiffre d’affaires pour l’impôt, et l’Urssaf prélève un pourcentage des recettes. Au réel, chaque dépense justifiée réduit le bénéfice, et donc l’impôt et les cotisations : c’est plus de travail, mais c’est le seul moyen de faire compter des frais lourds.
Le mini-simulateur en haut de page compare les deux bases imposables à partir de votre chiffre d’affaires et de vos frais réels. Pour les cotisations sociales et la TVA, qui suivent d’autres règles, le comparateur de la page TVA VTC et taxi va plus loin.
En micro-entreprise : le livre des recettes
Pour un prestataire de services, une seule pièce est obligatoire : le livre des recettes. Selon la fiche F36018 de service-public, il présente le détail des recettes dans l’ordre chronologique, distingue les règlements en espèces des autres, et indique pour chaque recette l’identité du client, le montant, la date, la forme du paiement et les références des pièces justificatives. Le registre des achats, lui, n’est demandé qu’aux activités de vente de marchandises et de fourniture de logement.
| Obligation | Règle | Source |
|---|---|---|
| Livre des recettes | chronologique, client, montant, date, mode de paiement, pièce | F36018 |
| Registre des achats | non exigé pour une activité de services | F36018 |
| Déclaration du chiffre d’affaires | chaque mois ou chaque trimestre, même à zéro | F23266 |
| Pénalité par déclaration manquante | 60,10 € | F23266 |
| Compte bancaire dédié | au-delà de 10 000 € de chiffre d’affaires 2 années de suite | F23266 |
| Conservation des pièces | 10 ans après la clôture de l’exercice | F23266 |
La fiche F23266 signale aussi la réforme de la facture électronique : le micro-entrepreneur doit pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026, et devra en émettre à partir du 1er septembre 2027. Pour un VTC qui facture des entreprises, hôtels ou agences, c’est un changement d’outil à prévoir dès maintenant.
Au réel : une comptabilité complète
Le régime réel s’impose au-delà du seuil de la micro-entreprise, 83 600 € de chiffre d’affaires de services en 2026, et peut être choisi en dessous. Pour les prestations de services, le régime réel simplifié s’applique jusqu’à 286 000 € de chiffre d’affaires ; au-delà, c’est le réel normal (fiche F37396). Selon la fiche F32919, l’entreprise au réel simplifié dépose chaque année la déclaration n° 2031 et ses annexes n° 2033-A à 2033-G ; au réel normal, la n° 2031 avec les tableaux n° 2050 à 2053, 2059-F et 2059-G. On ne peut pas revenir à un régime moins exigeant par simple option.
Concrètement, un chauffeur au réel enregistre chaque recette et chaque dépense, garde toutes les factures, suit les amortissements de son véhicule s’il l’achète, et arrête des comptes annuels. La plupart confient la tenue ou au moins la révision à un expert-comptable ; ses honoraires sont eux-mêmes une charge de l’activité.
Les charges d’un chauffeur au réel
Le résultat imposable est le chiffre d’affaires diminué des charges. La fiche F32919 vise les frais généraux de toute nature et les rémunérations qui correspondent à un travail effectif. Pour un VTC ou un taxi, les postes habituels sont les suivants, chacun sur justificatif :
- le véhicule : loyers de location ou de location longue durée, intérêts d’emprunt, ou amortissement si le véhicule est acheté ;
- le carburant ou la recharge, les péages et le stationnement payés pendant les courses ;
- l’assurance de transport de personnes et la responsabilité civile professionnelle ;
- l’entretien, les pneus, le nettoyage du véhicule ;
- les commissions de plateforme ou de centrale de réservation, quand votre chiffre d’affaires est le prix payé par le client ;
- les frais propres au métier : renouvellement de la carte, stage de formation continue, inscription au registre, signalétique, location de licence pour un taxi locataire ;
- les frais de gestion : téléphone et forfait, logiciel de facturation, comptable, banque.
Le point délicat est l’usage mixte. Un véhicule ou un téléphone qui sert aussi en dehors de l’activité ne se déduit que pour sa part professionnelle : un relevé de kilométrage ou un agenda des courses permet de la justifier.
La commission de plateforme : charge ou chiffre d’affaires en moins
Un VTC de plateforme peut voir son activité de deux façons : soit son chiffre d’affaires est le prix payé par le client et la commission est une charge, soit il ne déclare que ce que la plateforme lui reverse. Le choix change le niveau du chiffre d’affaires, donc le seuil de la micro-entreprise, celui de la franchise de TVA et le montant des cotisations micro. Il dépend du contrat de la plateforme et de la façon dont elle facture. Le simulateur de revenu net propose les deux bases ; en cas de doute, posez la question par écrit à votre comptable ou au service des impôts des entreprises.
Le cas du taxi : la note client
Le taxi a une obligation de plus. Selon la fiche F22127 de service-public, le chauffeur remet une note au client pour toute course d’au moins 25 € TTC, et à sa demande en dessous, et il en garde un double pendant 2 ans. Ces doubles sont la colonne vertébrale du livre des recettes : chaque course y trouve sa pièce justificative, y compris celles réglées en espèces.
Une routine qui tient en une heure par semaine
- Chaque jour : noter les courses hors plateforme et garder les notes ou factures.
- Chaque semaine : rapprocher les relevés de plateforme et le compte bancaire du livre des recettes.
- Chaque mois : classer les factures de carburant, d’entretien, d’assurance et de véhicule.
- Chaque mois ou trimestre : déclarer le chiffre d’affaires en micro, ou transmettre les pièces au comptable au réel.
- Chaque année : vérifier le chiffre d’affaires face aux seuils, et refaire le calcul micro contre réel.
Le choix du cadre juridique lui-même, micro, entreprise individuelle, EURL ou SASU, est traité dans la page statut VTC. Pour mesurer ce que les charges laissent au bout du mois, voir aussi les pages salaire d’un chauffeur VTC et salaire d’un taxi.