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Devenir chauffeur de VSL : le métier, les textes, la formation

Le véhicule sanitaire léger se conduit seul, mais pas par n’importe qui : le code de la santé publique dit exactement qui peut s’asseoir au volant.

Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources

Le véhicule sanitaire léger (VSL) est la catégorie D des véhicules de transport sanitaire définie par l’article R6312-8 du code de la santé publique. Depuis le 16 août 2026, l’article R6312-10, réécrit par le décret n° 2026-787 du 13 août 2026, fixe son équipage à 1 seule personne, titulaire du diplôme d’État d’ambulancier ou relevant du 3° de l’article R6312-7, quand l’ambulance en demande 2. Pour conduire un VSL sans diplôme d’État, la voie courte est l’auxiliaire ambulancier : l’arrêté du 11 avril 2022 l’habilite à conduire le VSL et l’ambulance après une formation de 70 heures avec évaluation des compétences, l’attestation de gestes et soins d’urgence de niveau 2, un permis sorti de la période probatoire, l’attestation préfectorale d’aptitude à la conduite d’ambulance, un certificat médical et des vaccinations à jour. On travaille alors pour une entreprise de transport sanitaire agréée par l’agence régionale de santé, sur prescription médicale.

VSL ou ambulance : pouvez-vous rouler seul ?

Vous pouvez conduire ce véhicule

Oui, seul au volant

Équipage minimal du véhicule1 personne
Diplômé d’État exigé à bordnon
Heures restantes pour devenir auxiliaire0 h

Il faut aussi le permis B, l’attestation préfectorale de conduite d’ambulance et l’AFGSU de niveau 2.

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Le VSL dans le code de la santé publique

Le transport sanitaire est défini par l’article L6312-1 : c’est le transport d’une personne malade, blessée ou parturiente, pour des raisons de soins ou de diagnostic, sur prescription médicale ou en cas d’urgence médicale, à bord d’un moyen de transport spécialement adapté. Le chapitre réglementaire range ces véhicules en quatre catégories : A pour l’ambulance de secours et de soins d’urgence, B pour la voiture de secours aux asphyxiés, C pour l’ambulance, D pour le véhicule sanitaire léger. Les normes de chaque catégorie sont renvoyées à un arrêté du ministre.

Le VSL transporte donc des patients assis, sur prescription, dans une voiture aménagée qui appartient à une entreprise de transport sanitaire. Ce n’est ni un taxi, ni un VTC : il ne prend aucun client dans la rue, ne travaille pas sur réservation commerciale et ne fixe pas son prix librement.

Un seul membre d’équipage depuis le 16 août 2026

Le décret n° 2026-787 du 13 août 2026 a réécrit l’article R6312-10, qui fixe la composition des équipages. Le texte en vigueur depuis le 16 août 2026 distingue trois cas :

Source : code de la santé publique, article R6312-10, version en vigueur depuis le 16 août 2026
VéhiculeÉquipageQualification exigée
A (secours et soins d’urgence) et C (ambulance)2 personnes, jusqu’à 3 en bariatriqueau moins un titulaire du diplôme d’État d’ambulancier
B (voiture de secours aux asphyxiés)2 personnes au moinsau moins une du 1° ou du 2° de l’article R6312-7
D (véhicule sanitaire léger)1 personneune personne du 1° ou du 3° de l’article R6312-7

Le 1° de l’article R6312-7 vise les titulaires du diplôme d’État d’ambulancier, le 2° les sapeurs-pompiers formés au secours d’urgence aux personnes. Le 3° regroupe d’autres personnes, notamment des professionnels de santé réglementés et des titulaires de certains certificats de secourisme. Quelle que soit la catégorie, tous doivent avoir le permis B et une attestation délivrée par le préfet après un examen médical passé dans les conditions des articles R221-10 et R221-11 du code de la route.

La voie la plus courte : auxiliaire ambulancier

L’arrêté du 11 avril 2022 a créé deux formations : le diplôme d’État d’ambulancier et la formation d’auxiliaire ambulancier. Son article 2 habilite l’auxiliaire à assurer la conduite du véhicule sanitaire léger et de l’ambulance, et à être l’équipier de l’ambulancier dans l’ambulance. Pour exercer, l’auxiliaire réunit :

  • un permis de conduire en cours de validité, sorti de la période probatoire ;
  • l’attestation préfectorale d’aptitude à la conduite d’ambulance, délivrée après un examen médical ;
  • un certificat médical de non-contre-indication et un certificat de vaccinations conformes à la réglementation ;
  • l’attestation de formation de 70 heures, avec évaluation des compétences ;
  • l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence de niveau 2 (AFGSU 2).

La formation porte sur l’hygiène, les principes et les valeurs professionnels, la relation avec l’équipe et avec les patients, l’ergonomie et les gestes et postures lors des mobilisations. Elle se suit dans un institut de formation d’ambulanciers. L’institut peut refuser de délivrer l’attestation si les compétences acquises ne permettent pas d’exercer : la décision doit alors être motivée par écrit. Le mini-simulateur en haut de page vous dit, selon votre qualification, ce que vous pouvez conduire et combien d’heures il vous reste.

Auxiliaire ou diplômé d’État : ce que change le VSL

Avant le décret d’août 2026, la question se posait surtout pour l’ambulance, où l’équipage mêlait diplômé et auxiliaire. Le VSL, lui, n’embarque qu’une personne : c’est le métier où l’auxiliaire travaille le plus en autonomie. Il conduit, accueille le patient, l’aide à monter et à descendre, vérifie le bon de transport et gère la tournée.

Le diplôme d’État reste la porte vers la prise en soin. Il demande 801 heures, dont 556 en institut et 245 en stage, après une sélection sur dossier et entretien. Un auxiliaire qui a travaillé quelques mois peut y accéder avec des allègements : la page formation d’ambulancier détaille les durées, et la page devenir ambulancier compare les deux portes d’entrée.

Pour qui travaille un chauffeur de VSL

Pour une entreprise de transport sanitaire, presque toujours. L’article L6312-2 exige que toute personne effectuant un transport sanitaire soit agréée au préalable par le directeur général de l’agence régionale de santé (ARS), et que le refus soit motivé. L’article L6312-4 ajoute que, dans chaque département, la mise en service de chaque véhicule de transport sanitaire est soumise à l’autorisation du même directeur général. Ces deux verrous expliquent qu’on ne s’installe pas chauffeur de VSL comme on s’installe chauffeur de VTC.

Créer sa propre entreprise reste possible, mais c’est un autre projet : agrément, autorisations de véhicules, locaux, personnel, normes d’équipement. Le parcours de départ, pour un chauffeur, est le contrat de travail dans une entreprise agréée.

Le patient du VSL : ce que dit l’Assurance maladie

Le choix du véhicule ne revient ni au chauffeur ni à l’entreprise : c’est le médecin qui prescrit le mode de transport adapté à l’état de santé et à l’autonomie du patient. Selon Ameli, page mise à jour le 30 septembre 2026, le transport assis professionnalisé, VSL ou taxi conventionné, est prescrit quand le patient a besoin d’une aide technique pour se déplacer (béquille, déambulateur), de l’aide d’une tierce personne, ou du respect de règles d’hygiène particulières. L’ambulance est réservée aux patients qui doivent voyager allongés ou en position semi-assise, ou sous la surveillance d’une personne qualifiée.

Concrètement, le chauffeur de VSL transporte des patients qui marchent mal, se rendent à une dialyse, une séance de chimiothérapie, une consultation ou une sortie d’hospitalisation. Le geste d’accompagnement compte autant que la conduite.

VSL ou taxi conventionné : deux métiers voisins

Les deux véhicules transportent les mêmes patients assis, mais les chauffeurs ne relèvent pas du même droit. Le conducteur de VSL relève du transport sanitaire : agrément de l’entreprise par l’ARS, qualification d’ambulancier ou d’auxiliaire. Le chauffeur de taxi conventionné reste un chauffeur de taxi : carte professionnelle obtenue après l’examen de la chambre de métiers, autorisation de stationnement, puis convention avec la caisse primaire sur le modèle de la décision du 13 février 2025. Le parcours de ce second métier est décrit sur la page devenir taxi.

La différence se voit aussi sur la fiche de paie ou le compte de résultat. Le chauffeur de VSL est salarié et suit la grille des ambulanciers. Le taxi conventionné est souvent artisan et vit de ses courses, comme l’explique la comparaison taxi ou VTC.

La rémunération : grille ambulancière et Smic

Les salariés des entreprises de transport sanitaire relèvent de la convention collective des transports routiers, et leurs minima de l’avenant n° 8 du 6 mai 2025. L’avenant fixe trois niveaux d’ambulancier, à 11,89 €, 11,90 € et 12,79 € de l’heure, et ne dit pas lequel correspond au conducteur de VSL. En 2026, le Smic horaire est de 12,31 € : les deux premiers niveaux sont relevés au Smic. La page salaire d’un ambulancier calcule le brut mensuel avec vos heures et vos dimanches.

Le parcours en cinq étapes

  1. Vérifier son permis : catégorie B, période probatoire terminée.
  2. Passer l’examen médical et obtenir l’attestation préfectorale d’aptitude à la conduite d’ambulance.
  3. Mettre ses vaccinations à jour et obtenir le certificat médical de non-contre-indication.
  4. Suivre la formation d’auxiliaire de 70 heures et l’AFGSU de niveau 2 dans un institut de formation d’ambulanciers.
  5. Postuler dans une entreprise de transport sanitaire agréée, et demander par écrit le niveau de la grille retenu dans le contrat.

Les instituts fixent eux-mêmes leurs tarifs : demandez un devis et renseignez-vous sur les financements possibles avant de vous inscrire. Nous ne citons aucun institut.

Questions fréquentes

Faut-il le diplôme d’État d’ambulancier pour conduire un VSL ?

Non. L’article R6312-10 du code de la santé publique, dans sa version du 16 août 2026, ouvre l’équipage du VSL aux titulaires du diplôme d’État et aux personnes du 3° de l’article R6312-7. L’arrêté du 11 avril 2022 habilite aussi l’auxiliaire ambulancier, formé en 70 heures, à conduire le VSL (article 2). Le diplôme d’État, 801 heures, reste nécessaire pour assurer la prise en soin dans l’ambulance.

Combien de personnes faut-il à bord d’un VSL ?

Une seule. Depuis le décret n° 2026-787 du 13 août 2026, entré en vigueur le 16 août, l’article R6312-10 fixe l’équipage des véhicules de catégorie D à 1 personne. Les ambulances des catégories A et C demandent 2 personnes, et jusqu’à 3 pour un transport bariatrique, dont au moins un titulaire du diplôme d’État.

Peut-on être chauffeur de VSL à son compte ?

Seulement en créant une entreprise de transport sanitaire. L’article L6312-2 du code de la santé publique impose que toute personne qui effectue un transport sanitaire soit agréée au préalable par le directeur général de l’agence régionale de santé, et l’article L6312-4 soumet la mise en service de chaque véhicule à son autorisation. Une simple voiture et un statut de micro-entrepreneur ne suffisent pas.

Quelle différence pour le patient entre un VSL et un taxi conventionné ?

Pour l’Assurance maladie, ce sont deux formes de transport assis professionnalisé, prescrites par le médecin selon l’autonomie du patient. Le VSL relève du transport sanitaire et de son agrément par l’ARS ; le taxi conventionné reste un taxi, avec carte professionnelle, autorisation de stationnement et convention signée avec la caisse. Ameli précise qu’un trajet en taxi non conventionné n’est pas remboursé.

Quel salaire pour un conducteur de VSL salarié ?

L’avenant n° 8 du 6 mai 2025 fixe trois niveaux d’ambulancier sans dire lequel correspond au conducteur de VSL. En 2026, les niveaux 1 et 2 sont sous le Smic horaire de 12,31 € : c’est donc le Smic qui s’applique. Le niveau 3 garantit 12,79 € de l’heure. Votre niveau doit figurer sur votre contrat et sur chaque bulletin de paie.

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Sources

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Éditeur de guides et de simulateurs pour les chauffeurs · taxi, VTC, ambulance

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