Licence de taxi : l’obtenir gratuitement, l’acheter ou la louer
Sans autorisation de stationnement, pas de maraude : c’est elle, plus que l’examen, qui décide du budget d’un taxi.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources
La licence de taxi s’appelle officiellement autorisation de stationnement (ADS). Elle s’obtient de trois façons. Gratuitement, en s’inscrivant sur la liste d’attente de la mairie, ou de la préfecture de police à Paris, inscription à renouveler chaque année, avec une priorité aux conducteurs qui ont exercé au moins 2 ans au cours des 5 dernières années ; une licence ainsi délivrée depuis le 1er octobre 2014 est incessible et vaut 5 ans renouvelables. En l’achetant à un titulaire d’une ancienne licence, cessible après 15 ans d’exploitation, ou 5 ans après un premier achat : service-public cite des prix de 30 000 € à 300 000 €, environ 190 000 € à Paris et 250 000 € à Nice. En la louant enfin, par une location-gérance d’au moins 1 an, autour de 3 500 € par mois à Paris. La carte professionnelle est exigée pour la demander gratuitement ou la louer.
Licence de taxi : acheter à crédit ou louer ?
Mensualité sur 10 ans
1 555 €
| Écart avec le loyer, par mois | -1 945 € |
| Intérêts sur la durée | 36 549 € |
| Années de loyer égales au prix | 4,5 |
Prix et loyer par défaut : ordres de grandeur parisiens publiés par service-public. Taux de 4,50 % : remplacez-le par votre offre.
Ce que donne la licence, et ce qu’elle ne donne pas
L’ADS est attachée à un véhicule et à un territoire, programmé dans le taximètre. Elle seule permet la maraude : prendre un client qui vous hèle ou vous attend à une station. Hors de sa zone, le taxi ne travaille plus que sur réservation, avec un justificatif à présenter en cas de contrôle (articles L3121-11 et suivants du code des transports). Elle n’est pas la carte professionnelle : la carte qualifie la personne, la licence autorise l’exploitation. Il faut les deux pour travailler en artisan.
Service-public précise que la licence peut être retirée par l’autorité administrative en cas de violation de la réglementation, de décès ou d’inaptitude médicale, ou rendue par son titulaire.
La licence gratuite : une file d’attente encadrée par la loi
Les nouvelles licences sont attribuées sans contrepartie financière, dans l’ordre de listes d’attente rendues publiques : en mairie dans le cas général, à la préfecture de police à Paris. L’article L3121-5 du code des transports fixe trois conditions pour s’inscrire : détenir une carte professionnelle en cours de validité, ne pas être déjà titulaire d’une ADS, ne figurer que sur une seule liste. L’inscription se renouvelle chaque année ; un oubli fait perdre son rang.
La priorité va aux conducteurs qui justifient de 2 ans d’exercice comme taxi au cours des 5 ans qui précèdent la délivrance, ce qui revient à favoriser les salariés et les locataires déjà au volant. Service-public prévient que l’attente se compte souvent en années dans les grandes villes. Aucun texte consulté ne publie de délai moyen : demandez votre rang à la mairie plutôt que de croire une estimation.
Incessible, personnelle, valable cinq ans
Une licence gratuite délivrée depuis le 1er octobre 2014 est incessible et vaut 5 ans, renouvelables (article L3121-2) ; le renouvellement se demande 3 mois avant la fin, selon service-public. L’article L3121-1-2 ajoute que son titulaire l’exploite personnellement : pas de location à un autre chauffeur, pas de salarié pour la faire rouler à sa place. Ces dérogations n’existent que pour les licences délivrées avant le 1er octobre 2014. Une licence gratuite récente n’est donc ni un capital à revendre ni une rente à louer : c’est un droit de travailler.
Acheter une ancienne licence
Le marché ne porte que sur les licences délivrées avant le 1er octobre 2014. Leur titulaire peut présenter un successeur à titre onéreux après 15 ans d’exploitation effective et continue depuis la délivrance, ou après 5 ans à compter de la première mutation : une licence achetée se revend donc après 5 ans d’exploitation sans interruption. Chaque transaction est inscrite, avec son montant, dans un registre tenu par l’autorité qui délivre les licences, et le successeur doit justifier de l’exploitation effective et continue (article L3121-4).
Les seuls prix que nous publions
Le prix est fixé par le vendeur. Nous ne reprenons ni annonces ni estimations de cabinets : seulement les ordres de grandeur publiés par service-public, page vérifiée le 13 juillet 2026.
| Repère | Montant publié |
|---|---|
| Fourchette nationale | 30 000 € à 300 000 € |
| Paris | environ 190 000 € |
| Nice | environ 250 000 € |
| Location à Paris, par mois | environ 3 500 € |
Un acheteur n’a pas besoin d’être chauffeur : service-public admet l’achat sans carte professionnelle. Il doit alors démontrer qu’il loue la licence ou qu’il emploie un salarié titulaire de la carte, ce que permet justement le régime des licences d’avant 2014. Pour celui qui veut conduire lui-même, la carte vient d’abord ; le parcours est sur la page devenir chauffeur de taxi.
Louer : la location-gérance
Le locataire signe avec une entreprise spécialisée un contrat de location-gérance d’au moins 1 an et verse un loyer mensuel dont le montant dépend de l’entreprise. Il est indépendant, encaisse toutes ses recettes et, d’après service-public, c’est le loueur qui entretient le véhicule. En face, il n’a pas d’assurance chômage s’il cesse son activité, et le loyer tombe chaque mois, que la semaine ait été bonne ou non.
C’est aussi la voie qui prépare la licence gratuite : 2 ans de location dans les 5 dernières années comptent pour la priorité sur la liste d’attente.
Acheter à crédit ou louer : le calcul
Le tableau ci-dessous est généré par le moteur du site à partir de trois hypothèses que nous choisissons pour l’exemple : le prix parisien publié (190 000 €), un apport de 40 000 € et un taux de 4,5 %. Ce ne sont pas des conditions bancaires constatées. Le loyer de comparaison est celui que service-public donne pour Paris.
| Durée du prêt | Mensualité | Intérêts totaux | Écart avec le loyer |
|---|---|---|---|
| 7 ans | 2 085 € | 25 142 € | -1 415 € |
| 10 ans | 1 555 € | 36 549 € | -1 945 € |
| 15 ans | 1 147 € | 56 548 € | -2 353 € |
Trois lectures. La mensualité reste sous le loyer dans les trois durées, mais elle ne paie que la licence : le véhicule, son entretien et son assurance restent à la charge de l’artisan, alors que le loueur, selon service-public, entretient le véhicule. Au prix de Nice (250 000 €), avec les mêmes hypothèses sur 10 ans, la mensualité monte à 2 176 €. Enfin, 4,5 années de loyer parisien égalent le prix d’achat : c’est l’horizon à partir duquel l’achat commence à se défendre, si la licence garde sa valeur, ce que personne ne peut garantir.
Reprenez le calcul avec votre offre de prêt dans le mini-simulateur en haut de page, puis mettez le résultat dans le simulateur de revenu net pour voir ce qu’il vous reste. La page combien gagne un taxi compare propriétaire et locataire à recettes égales.
Les sanctions liées à la licence
Les articles L3124-1 à L3124-5 du code des transports prévoient deux niveaux. Côté administratif, l’autorité peut adresser un avertissement au titulaire, ou retirer la licence temporairement ou définitivement, s’il ne l’exploite pas de façon effective et continue ou en cas de violation grave ou répétée de son contenu. Côté pénal, exercer l’activité d’exploitant de taxi sans ADS est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende, avec suspension possible du permis jusqu’à 5 ans, immobilisation du véhicule jusqu’à 1 an et confiscation.
Ces règles s’ajoutent aux dispositions communes aux taxis et aux VTC des articles L3120-1 à L3120-5, dont l’obligation de réservation préalable pour qui travaille sans licence ou hors de sa zone.