Combien gagne un chauffeur VTC : du chiffre d’affaires au revenu net
Un chauffeur VTC indépendant ne touche pas de salaire : il garde ce que son chiffre d’affaires laisse après tout le reste.
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Un chauffeur VTC indépendant n’a pas de salaire. Il encaisse un chiffre d’affaires et garde ce qui reste après cinq prélèvements : la commission de la plateforme s’il en utilise une, les frais du véhicule (carburant, location ou crédit, assurance, entretien), la TVA à 10 % dès que le chiffre dépasse la franchise (37 500 € par an, 41 250 € au seuil majoré, en 2026), les cotisations sociales (21,2 % du chiffre d’affaires en micro-entreprise, plus 0,3 % de contribution à la formation, ou un barème sur le bénéfice au réel) et l’impôt sur le revenu. Le résultat dépend surtout des heures et des frais. Avec les hypothèses d’exemple du simulateur (46 semaines, 50 heures par semaine, 1 360 € de frais par mois), 1 400 € de courses facturées par semaine laissent environ 1 128 € net par mois avant impôt. Ce sont des estimations, pas une promesse. Côté plateformes, les accords de 2023 garantissent au moins 9 € net par course, 30 € par heure travaillée et 1 € par kilomètre.
Combien il vous reste en VTC de plateforme
Net estimé par mois, avant impôt
1 128 €
| Net par heure connectée | 5,89 € |
| Commission par mois | 1 342 € |
| TVA à reverser par mois | 488 € |
Frais de véhicule d’exemple (1 360 € par mois), micro-entreprise, 46 semaines. Garantie des accords : 9 € net par course au minimum.
Pas de salaire, un chiffre d’affaires
La question « combien gagne un chauffeur VTC » suppose un salaire. Or le chauffeur VTC type est indépendant : micro-entrepreneur, entrepreneur individuel ou dirigeant de sa société. Il facture des courses, directement ou par l’intermédiaire d’une plateforme, et vit de la différence entre ce qu’il encaisse et ce qu’il paie. Un même chiffre d’affaires peut donc laisser des revenus très différents à deux chauffeurs, selon leur voiture, leurs heures et leur statut.
Aucune statistique publique de revenu des chauffeurs VTC n’a été relevée dans les sources officielles que nous utilisons. Plutôt que de recopier des moyennes invérifiables, cette page montre le calcul et l’applique à des hypothèses que vous pouvez remplacer par les vôtres dans le mini-simulateur ci-dessus ou dans le simulateur complet de revenu net.
Du prix payé par le client au net
- La commission : la plateforme retient une part de chaque course. Service-public indique qu’elle varie selon la plateforme ; aucun taux n’est publié dans les sources que nous avons lues, prenez celui de votre relevé.
- Les frais du véhicule : carburant ou recharge, location ou crédit, assurance professionnelle, entretien, téléphone, nettoyage. Ce sont souvent les plus lourds.
- La TVA : à 10,0 % sur le transport de voyageurs (article 279 b quater du CGI), seulement au-delà de la franchise.
- Les cotisations sociales : un pourcentage du chiffre d’affaires en micro-entreprise, un barème sur le bénéfice au réel.
- L’impôt sur le revenu, qui dépend de tout le foyer et n’est pas inclus dans le net affiché.
Quatre niveaux de chiffre d’affaires, calculés par le simulateur
Le tableau applique le moteur de calcul du site à quatre montants de courses facturées par semaine, prix payé par le client. Les autres hypothèses sont celles du simulateur par défaut : 46 semaines travaillées, 50 heures par semaine, micro-entreprise sans Acre, 1 360 € de frais de véhicule et divers par mois, et une commission d’exemple de 25,0 % du prix client. Ce taux est une hypothèse de calcul, pas celui d’une plateforme.
| Courses par semaine | Chiffre d’affaires annuel | TVA | Net par mois | Net par heure |
|---|---|---|---|---|
| 800 € | 36 800 € | franchise | 281 € | 1,46 € |
| 1 100 € | 50 600 € | TVA due | 595 € | 3,10 € |
| 1 400 € | 64 400 € | TVA due | 1 128 € | 5,89 € |
| 1 800 € | 82 800 € | TVA due | 1 839 € | 9,60 € |
Deux enseignements ressortent. D’abord, les frais fixes pèsent énormément au bas de l’échelle : à 800 € par semaine, le véhicule absorbe presque tout. Ensuite, la progression n’est pas linéaire. À partir de 1 100 € par semaine, le chiffre annuel dépasse le seuil majoré de la franchise et la TVA est due : 4 600 € par an dans cet exemple, prélevés sur le prix payé par le client.
Ces lignes ne décrivent aucun chauffeur réel. Un véhicule déjà payé, une assurance moins chère ou moins d’heures à vide changent tout. Servez-vous-en pour comprendre l’effet de chaque poste, pas comme une référence de revenu.
Le seuil de TVA, la marche que l’on sent passer
En 2026, la franchise de TVA des services s’applique tant que le chiffre d’affaires de l’année précédente ne dépasse pas 37 500 €. Si l’année en cours le dépasse sans franchir 41 250 €, la franchise tient jusqu’au 31 décembre et tombe au 1er janvier suivant ; au-delà du seuil majoré, la TVA est due dès le jour du dépassement (service-public, fiche F21746).
Pour un VTC, le choc est réel parce que ses prix, fixés par la plateforme ou affichés à ses clients, ne montent pas d’un coup de 10,0 %. La TVA se prend alors sur la marge. La page TVA des VTC et taxis détaille le calcul et le choix d’opter ou non.
Micro-entreprise ou réel : ce que change le statut
En micro-entreprise, l’Urssaf prélève 21,2 % du chiffre d’affaires pour les prestations de services, plus 0,3 % de contribution à la formation professionnelle pour un artisan (Urssaf, autoentrepreneur.urssaf.fr). Le calcul est simple, mais il ignore les frais : un chauffeur aux frais élevés cotise sur de l’argent qu’il a déjà dépensé. Le plafond du régime est de 83 600 € de chiffre d’affaires en 2026.
Au réel, l’entrepreneur individuel cotise sur son bénéfice, frais déduits, selon le barème 2026 des artisans. Sur la ligne à 1 400 € par semaine, le simulateur estime 1 128 € net par mois en micro et 1 526 € au réel, avec les mêmes frais. L’écart vient des frais déduits avant cotisations ; il se paie en comptabilité. La SASU n’est pas simulée par le site, faute de sources complètes sur ses cotisations.
Ce que garantissent les accords avec les plateformes
Trois montants minimaux s’imposent aux plateformes de VTC, issus d’accords négociés en 2023 au sein de l’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (ARPE) et repris par service-public :
- 9 € au moins par course, après déduction de la commission (avenant du 19 décembre 2023) ;
- 30 € au moins par heure travaillée ;
- 1 € au moins par kilomètre parcouru en course (accord du 19 décembre 2023).
Ce sont des planchers versés par la plateforme, avant les frais du véhicule, la TVA et les cotisations, qui restent à la charge du chauffeur. L’accord définit lui-même ce qui compte comme heure travaillée : lisez-le avant de comparer ce plancher avec vos heures connectées. Ces montants peuvent être révisés chaque année. Les informations sur les plateformes sont indicatives et se vérifient auprès de chacune d’elles.
Clientèle propre : pas de commission, d’autres coûts
Le chauffeur qui travaille pour ses propres clients, hôtels, entreprises ou particuliers, ne verse pas de commission, mais il doit trouver ses courses et peut avoir plus de frais de prospection. Le simulateur, avec 35 courses par semaine à 45 €, 45 heures et 1 480 € de frais mensuels, estime 2 829 € net par mois et 16,40 € par heure, TVA déduite. Le choix du véhicule pèse lourd dans ce résultat, et la comparaison avec le revenu d’un taxi se fait avec le même moteur.